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INTERVIEW
Quand le Requin s'invite au Spi
François Germain a fait sensation l'année dernière en engageant, avec son équipière Véronique, leur Requin Atalante sur la ligne de départ du Spi Ouest France. Pour ceux qui seraient tentés de participer à l'édition 2008, François revient sur cette participation surprenante. Le skipper du 459 se dit prêt à renouveler l'expérience. Interview.

Pourquoi avoir décidé de participer au Spi 2007, épreuve pas forcément faite pour des bateaux comme le Requin ?
Deux raisons à ça. D’une part, c’était l’occasion pour nous de régater en début de saison. D’autre part, c’était l’occasion de comparer le Requin aux bateaux modernes et de démontrer du même coup que le Requin n’était pas ridicule.

Dans quelle catégorie avez-vous couru ?
Nous n’avons pas eu le choix. Le Requin court obligatoirement en IRC 5, avec le plus petit rating accepté au spi, soit 0,85 TC, Ce qui n’est pas forcément un avantage. Il y a même de nombreux inconvénients.

Malgré des départs corrects, nous sommes vite couverts par les plus gros bateaux. Nous sommes presque obligés de naviguer dans la fumée des autres. La tactique reste limitée de par ces deux problèmes. Les parcours côtiers, ou les bords de portant sont longs ; le Requin souffre d'un manque de vitesse par petit temps. Sans oublier le type de bateaux avec lesquels nous avons navigué en IRC 5 : des 302, des Sun Fast 32, des Surprise, des Tina, des First, des Gib Sea. L’ensemble de ces voiliers se sont malgré tout retrouvés tous derrière nous au classement des 15 premiers.

Justement, ne se sent-on pas un peu petits par rapport aux autres unités, surtout avec une coque en bois ?
Le Requin n'est pas trop petit, mais il faut avoir beaucoup plus d'attention qu'en régates de monotypes. Les départs et les passages de bouées sont parfois encore plus chauds. Je me souviens d’une fois où nous nous sommes faits planter à une bouée par le passage de 54 Grand Surprise, sur le même parcours. Impossible de faire repartir Atalante.

Quelle était la réaction des autres équipages, sur l'eau et au port ?
Les équipages dans leur ensemble ont été surpris par notre présence. A tel point qu’on est venus nous féliciter à plusieurs reprises, aussi bien au port que sur l'eau où on venait nous saluer. Il ne faut pas oublier que Atalante était le seul Requin, et le seul bateau bois sur les 500 bateaux inscrits. Et le plus beau, bien entendu !

Et puis, les départs du ponton le matin, à la godille et à la voile, étaient salués par les autres qui partaient au moteur...

Alors, finalement, le Requin s'en tire bien ?
Le Requin s'en tire bien. Avec une place de 13e sur 48 inscrits, c’est quand même pas mal. Même si on peut mieux faire bien sûr. Dans ce cas, j’invite les autres requinistes de relever le défi…

En revanche, il ne sera pas facile d'être dans les cinq premiers. Sauf peut-être, si on augmente le rating, avec un spi beaucoup plus grand, d’une superficie de 50m2 par exemple.

On est loin en tout cas des régates classiques…
Disons que le Spi est une régate comme les autres, mais avec peu de choix pour le Requin. On navigue en IRC 5 ou rien et nous ne sommes pas habitués à régater uniquement sur le chrono. C’est ce qui fait que ça manque de charme. Et puis, il n'y a pas l'ambiance de nos régates de voile classique, mais plutôt des jeunes loups toutes griffes dehors.

Ce qui est sûr malgré tout, c’est que l’expérience est à renouveler. Malheureusement, l’équipage n’est pas partant cette année. Pâques étant plus tôt, il risque de faire bien froid et d’y avoir plus de vent. Il faut dire que l’année dernière, nous avons eu les meilleures conditions météo en 24 éditions.

Propos recueillis par Stéphan Julienne




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